Grant Wood an american painter


Grant WOOD "A church"

Photography by Philippe BEASSE


Grant deVolson Wood est très certainement le peintre américain le plus emblématique de ce réalisme rural qui colle si bien à la peau des artistes du Nouveau Monde.

Né en 1891 et mort en 1942 dans cet Iowa qu’il affectionnait tant, on pourrait penser que Wood ne mit jamais les pieds ailleurs que dans ce grand état du Midwest, ce ne fut absolument pas le cas.

Plusieurs voyages en Europe, en Allemagne et en France principalement et une belle découverte avec le travail de Henri « Le Douanier » Rousseau dont il apprécie l’incroyable précision et l’apparente naïveté.

Son œuvre, tel un grand roman générationnel décrit avec force détails, amour, humour et engagement, le quotidien simple et laborieux des femmes et des hommes qui peuplaient son univers agreste et pastoral. Il s’attache également avec ce qui semble découler d’une infinie tendresse, à montrer, dans leur environnement cossu les grandes familles bourgeoises, les notables et personnages politiques influents de son époque.

Dans ses réalisations touchantes et parfaitement exécutées, on devine de grandes plaines prospères derrière ces vallons sensuels gonflés comme des mamelons et richement couverts de pâturages, des champs au cordeau, parcourus de routes étroites et sinueuses et plantés de grosses maisons en bois, de hangars, de silos et de petites églises de poupées.


Grant WOOD "American Gothic"

Photography by Philippe BEASSE


Le monde de Grant Wood est un monde de jouets, de maquettes, de décor de train électrique, d’ordre et de couleurs. Rien ne vient interrompre les courbes de ses paysages, ni les sillons rectilignes des terres en culture, qui conduisent le regard jusque vers une demeure imposante, ni les alignements des pieds de vigne qui encerclent joyeusement un couple de pommiers. Son œuvre donne l’impression d’une série de modèles réduits, élaborés avec patience et application et reproduits sur ces toiles avec une minutie toute scientifique.


Il y a de la bande dessinée dans ces peintures si tendres. Les voitures noires qui, comme dans les cartoons de Tex Avery, épousent chaque virage de la route, les camions de livraison qui ondulent d’une cote à l’autre, la végétation peinte avec une diabolique minutie mais qui semble malgré tout à peine esquissée. Il y a quand on s’en approche, des milliers de fruits rouges dans ses cerisiers, des centaines de motifs dans les robes des femmes, il ne manque pas un bouton aux chemises des hommes, pas une dentelle aux rideaux des fenêtres, pas une veine dans le bois des belles demeures. Il y a un doux malade derrière cette profusion de détails et un poète obsédé dans ce magicien, horloger de la toile.

Montrer ses œuvres à la manière d’un catalogue ne rime à rien, votre curiosité sera à même, si toutefois je suis parvenu à vous intriguer, de vous pousser à découvrir l’œuvre de Grant Wood à travers quelques recherches ou idéalement, de vous rendre, si vous êtes à New York, au Whitney Museum pour tomber sous le charme de ce peintre si connu et si ignoré à la fois.


Paul CADMUS "Finistère" 1952

Photography by Philippe BEASSE


Décidément, ce nouveau Whitney Museum est plein de surprise. Une architecture en équilibre, entre la ville et la rivière toute proche, des plateaux artistiques qui font une large place à tous les artistes américains et des terrasses qui offrent des vues spectaculaires sur les toits de New York et sur les fameux réservoirs qui ponctuent de leurs masses sombres le ciel de la ville. Mais autre surprise de taille, si je puis m'exprimer ainsi, quelques toiles sans équivoque mais pleines de suggestivité d'un autre peintre américain : Paul Cadmus, dont une oeuvre particulière intitulée "Finistère "1952 à travers laquelle on a aucun mal à reconnaitre la fameuse tour qui marque l'entrée de la Ville Close de Concarneau. Je vous laisse, là aussi le soin d'approfondir, à travers vos recherches, toute l'oeuvre "d'un réalisme magique" de cet incroyable artiste.

Je note désormais, sous la plupart des photographies que je propose, la mention « Realy Limited Edition ». Cela n’est pas inutile car les annotations « Limited Edition Photographie » ou « Tirage d’art » ou « Photographie en Edition Limitée et numérotée » qui fleurissent aux frontispices des galeries photographiques actuelles sont tellement galvaudées qu’il est bon de temps en temps de rappeler les règles en vigueur… Il n’y a aucune objection à voir les œuvres de très bons photographes au demeurant occuper les rayons de tous les magasins spécialisés, (Yellow Korner, Pixopolitan etc..pour ne pas les nommer) cette démocratisation de la photographie est certainement indispensable à la bonne santé de cet art à part entière. Ce qu’il y a de troublant c’est simplement l’énorme confusion qui s’installe dans l’esprit de l’acquéreur lorsque ces informations se bousculent sans réelle règle claire.

Si on s’adonne à un rapide calcul, on observe que les fameuses « Editions limitées » proposées peuvent grimper jusqu’à plus de 6500 exemplaires (alors que le maximum autorisé pour une telle dénomination se limite à 30 exemplaires quelle que soit la taille ou le support)… et en admettant que la totalité de ces exemplaires soit vendue, rapporter la modique somme de 895 000 € pour une seule photographie… Œuvre unique quand tu nous tiens… Sachez donc bien de quoi il retourne en faisant l’acquisition d’une telle photographie. Magnifique travail d’un photographe, sans aucun doute mais à bonne distance de l’édition limitée.



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