STREET ART IN NYC

Le nouveau souffle de l'art urbain

Pixel Pancho Art Philippe BEASSE Photography Limited Edition

Il n’y a plus à en douter, le Street Art avec une majuscule à chaque mot a désormais jeté dans les oubliettes les débats mesquins et surannés qui le confrontaient avec les autres arts, dits nobles, sculpture, peinture et même éventuellement photographie. Aujourd’hui, ce mode d’expression tient le haut du pavé ou plus exactement l’ensemble des façades laissées libres aux démarches artistiques par les villes et les grandes capitales du monde entier. Ces dernières ont rapidement compris quel était leur intérêt devant l’engouement du public et des visiteurs, transportés par la fraîcheur et la qualité d’exécution de ces nouveaux artistes. Pour ne parler que de New York, puisque tel est le thème de cette Newsletter, les artistes longtemps empêchés de peintre en rond à Manhattan et parfois juridiquement poursuivis par la ville sont à ce jour très largement sollicités et voire même courtisés par les autorités des autres quartiers ou Boroughs qui ont trouvé dans ces fresques surdimensionnées des moteurs « propres » pour rameuter dans leurs no man’s land souvent repoussants une manne touristique indispensable à la survie des petits commerces et restaurants qui tiraient jusqu’ici une langue particulièrement chargée. « 5 Pointz » l’immense building de Long Island City, au nord de Newton Creek, d’abord livré à l’appétit des graffeurs puis des Street Artists était l’emblème absolu de ce mouvement coloré et déjanté. Les tags basiques, tenant plus du vandalisme que de l’art urbain et, osons le dire, quelque peu simplistes et réducteurs, ou les premiers graffitis maladroits étaient peu à peu remplacés par des compositions virtuoses et abouties. Le lieu qui fut renommé 5 Pointz Aerosol Art Center et ses 20 000 mètres carrés attirait de plus en plus de visiteurs. Le célèbre MoMA, décidément toujours à la pointe de l’air du temps racheta, dans le même quartier un ancien collège et y installa, après transformation, une partie de ses fonds les plus avant-gardistes (œuvres sur plastique, polystyrène, fil de fer, carton etc… ) actuellement il en va de même pour les galeries d’art qui investissent et rénovent à grands frais les moindres entrepôts et hangars qui gravitent autour des hauts lieux du Street Art Le propriétaire du bâtiment, Jerry Wolkoff, fit repeindre toutes les façades de 5 Pointz en blanc avant de céder le complexe à des promoteurs pour la construction de deux immeubles de 40 étages destinés à la création d’appartements de luxe. Il me semble que l’affaire menée depuis lors devant la juridiction new-yorkaise se solde aujourd’hui par un très confortable dédommagement en faveurs des artistes, on parle de 150 000 $ par œuvre détruite…

5 Pointz Entrance

Philippe BEASSE Photography Certes, Manhattan exhibe aujourd’hui de splendides murals, la plupart d’entre eux étant des commandes privées car vu la surface utilisée, les emplacements improbables, les techniques et le matériel mobilisé, on ne peut plus croire qu’il puisse rester de la place pour l’improvisation, la spontanéité et l’insolence qui forment l’ADN du Street Art. En revanche, dans les quartiers toujours à la traine et arcboutés sur les moindres frémissements de reconstruction, les œuvres présentées par les artistes sont flamboyantes et impertinentes, elles s’approprient les murs fatigués, malades et jouent avec les perspectives rectilignes des rues déglinguées. Buschwick, Greepoint (Little Poland), Williamsburg en général, ainsi que la majeur partie des quartiers qui forment la frange entre le sud de Queens et le nord de Brooklyn reprennent des couleurs, mais pas seulement… Plus au nord, ce sont également des pans entiers des Brownstones du nord est de Harlem et plus particulièrement Spanish Harlem (El Barrio) qui arborent fièrement les grandes fresques colorées des artistes porto ricains, des œuvres réalisées avec les grands thèmes de l’intégration compliquée et des minorités de l’Amérique Centrale. The Buschwick Collective géré en souterrain par Jonathan Cohen, de son nom d’artiste Meres One, s’applique à faire respecter les us et les coutumes, car paradoxalement il y en a, qui vont discrètement mais fermement réglementer les différents artistes, les espaces occupés et les dimensions des œuvres, etc… Aimer New York c’est également porter attention à ces grandes fresques éclatantes de vie et de couleurs qui s’emparent des murs aveugles et conjuguent dans une belle alchimie la vie trépidante des quartiers et l'intelligence des artistes.

"Door of Communities"

Original Collection of Photographies by Philippe BEASSE

Limited Edition / 7 Aux énormes compositions des Street Artists qui participent à l’épanouissement artistiques de la population et des visiteurs, s’ajoutent les grandes publicités peintes qui redeviennent hyper tendance et répondent aux premières par une créativité certes toute commerciale mais élégante et d’une très grande qualité d’exécution. La Société Colossal exécute pour les grandes marques du luxe, des voitures ou pour les géants de l’alimentation des réalisations hors normes. Il ne reste plus aux photographes que de prendre le train en marche et à leur tour, de proposer un travail concret, original, unique, mêlant les vues urbaines, les oeuvres du street art et leur propres influences, leurs propres fantasmes et projets artistiques.

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© 2020  by Philippe BEASSE Photography & Le Pont des Images Gallery of Contemporary photography